Le marché immobilier belge entre dans une phase où les prix continuent de grimper alors que les volumes de transactions reculent. Ce décalage, visible depuis le troisième trimestre 2026, redessine les arbitrages des acheteurs et des investisseurs. Comprendre où se situent les écarts de dynamisme entre régions, entre types de biens et entre profils fiscaux permet de lire les mois à venir avec plus de précision.
Transactions et prix en Belgique : des trajectoires qui divergent
Le Baromètre des notaires indique que les ventes immobilières reculent au troisième trimestre 2026 par rapport aux niveaux records enregistrés en 2025. La Wallonie, qui avait bondi de 16,7 % en volume de ventes sur l’année précédente, et la Flandre, portée par la réduction des droits d’enregistrement, voient ce dynamisme se tasser.
Les prix moyens, eux, poursuivent leur progression. Le notariat belge confirme une moyenne des prix en hausse sur ce même troisième trimestre. Le marché se retrouve dans une configuration classique de ralentissement des volumes sans correction des prix, ce qui traduit un resserrement de l’offre disponible plutôt qu’un désintérêt des acquéreurs.
| Indicateur | 2025 | 3e trimestre 2026 |
|---|---|---|
| Volume de ventes (Wallonie) | Hausse de 16,7 % vs 2024 | Recul constaté |
| Volume de ventes (Flandre) | Niveau record | Recul constaté |
| Prix moyens (Belgique) | En hausse | Toujours en hausse |
| Précompte immobilier | Référence | Hausse de 2,5 % (indexation RC) |
Pour suivre l’évolution de ces indicateurs en temps réel, les actualités d’Immosphère compilent régulièrement les données du marché belge par région et par type de bien.

Rénovation énergétique : le facteur qui creuse l’écart de prix entre biens
L’écart de prix entre un logement rénové et un bien nécessitant des travaux s’accentue, particulièrement à Bruxelles. Immoweb relève une part croissante de logements bruxellois mis en vente avec des travaux à prévoir, affichés nettement moins cher que ceux en bon état énergétique.
Cette décote n’est pas seulement liée à l’état du bâti. Elle intègre le coût anticipé des obligations de rénovation. Les logements les moins performants devront atteindre un seuil énergétique minimal d’ici 2033 à Bruxelles, ce qui oblige les futurs acquéreurs à budgétiser les travaux dès la phase d’achat.
Des aides régionales hétérogènes et instables
Le financement de ces rénovations varie selon la Région, et les dispositifs bougent vite.
- En Wallonie, le gouvernement prévoit un système de prêts aidés, avec une enveloppe annoncée pour 2027 puis un second volet à partir de 2028. Le calendrier reste conditionné aux arbitrages budgétaires.
- En Flandre, l’extension du programme Mijn VerbouwLening vise à couvrir les travaux dans les parties communes d’immeubles à appartements (isolation de toiture et façades, remplacement de fenêtres, installations énergétiques collectives).
- À Bruxelles, de nouvelles normes pour les locations sont déjà en vigueur, renforçant la pression sur les propriétaires bailleurs de biens énergivores.
La capacité à financer une rénovation pèse désormais autant que le prix d’achat dans le calcul de rentabilité d’un investissement locatif.
Fiscalité immobilière en 2026 : ce qui alourdit la facture des propriétaires
Trois mécanismes fiscaux pèsent simultanément sur les détenteurs de biens immobiliers cette année.
Le premier est l’indexation du revenu cadastral, qui entraîne une hausse de 2,5 % du précompte immobilier avant même l’application des centimes additionnels communaux. Pour les multipropriétaires, l’effet cumulé sur plusieurs biens devient tangible.
Le second concerne la déclaration fiscale. Les revenus immobiliers de biens détenus à l’étranger ou mis en location via société font l’objet de nouvelles modalités déclaratives, ce qui complexifie la gestion administrative pour les investisseurs diversifiés.
Le troisième point touche à la TVA sur les équipements énergétiques. La baisse de TVA sur les pompes à chaleur, active depuis peu, allège le coût d’installation de ces équipements. Mais elle ne compense pas la suppression annoncée de certaines primes à la rénovation en Flandre, ce qui réduit le soutien global aux propriétaires rénovateurs flamands.

Achat immobilier à Bruxelles : la fuite vers la périphérie se confirme
Les données de Levier.be montrent qu’un nombre croissant de Bruxellois achètent en dehors de la Région de Bruxelles-Capitale. Le phénomène combine plusieurs facteurs : des droits d’enregistrement restés plus élevés à Bruxelles qu’en Flandre, un parc vieillissant qui nécessite des investissements lourds, et des prix au mètre carré qui rendent la maison individuelle quasi inaccessible dans les 19 communes.
La maison à rénover en périphérie flamande devient l’arbitrage type du ménage bruxellois primo-accédant. Le différentiel de droits d’enregistrement entre régions agit comme un accélérateur de cette migration résidentielle.
Ce mouvement a une conséquence directe sur le marché bruxellois : la proportion d’appartements dans le parc continue de croître, Bruxelles comptant déjà plus de six logements sur dix sous forme d’appartements. Les maisons de ville bruxelloises qui arrivent sur le marché sont de plus en plus souvent des biens à rénover, ce qui renforce encore la décote liée à la performance énergétique.
Le marché belge en 2026 se lit à travers un filtre double : la géographie (les écarts régionaux s’accentuent) et l’énergie (le classement PEB devient un critère de prix aussi structurant que la localisation). Les acheteurs qui intègrent le coût total, acquisition plus rénovation plus fiscalité, dans leur calcul initial sont ceux qui identifient les vrais leviers de valeur sur ce marché en transition.



